Bien public — Mécanisme de contribution volontaire

Un outil interactif pour comprendre le problème du passager clandestin et le financement des biens publics

Paramètres

Combien de pays participent au financement de la forêt.
10
Budget total disponible pour chaque pays.
100
1$ dans le fonds rapporte α$ à chaque pays. Avec α=0.4 et N=10 : votre dollar génère 4$ au total, mais seulement 0.40$ pour vous.
0.40
Un organisme externe complète chaque contribution. m=1 : chaque dollar est doublé. m=2 : triplé. À 0, pas de contrepartie.
0.0

Combien vous mettez dans le fonds commun (entre 0 et E).
50
Ce que chacun des autres pays met dans le fonds.
50

Que se passe-t-il si...

Votre gain en fonction de votre contribution

Bien-être social : comparaison des scénarios

Qu'est-ce qu'un bien public ?

Un bien public est un bien qui possède deux caractéristiques fondamentales :

La forêt tropicale comme bien public mondial

La préservation de la forêt tropicale est un exemple emblématique de bien public mondial. La forêt amazonienne, par exemple, fournit des services écosystémiques dont bénéficie la planète entière :

Le problème : les coûts de préservation sont supportés localement (renoncement à l'exploitation des terres), tandis que les bénéfices sont partagés mondialement. Chaque pays a donc une incitation à laisser les autres payer pour la préservation — c'est le problème du passager clandestin (free-rider).

Le Mécanisme de Contribution Volontaire (VCM)

Dans ce modèle, N pays disposent chacun d'une dotation E (budget disponible). Chaque pays i choisit combien contribuer au fonds de préservation :

πi = (E − gi) + α · (1 + m) · ∑ gj

Le premier terme (E − gi) est le gain privé (budget non contribué). Le second terme est le bénéfice tiré du bien public : chaque dollar contribué au fonds génère un rendement α pour chaque pays. Le paramètre m représente un éventuel fonds de contrepartie (matching fund).

Le dilemme : incitation individuelle vs. intérêt collectif

L'incitation individuelle de chaque pays est de ne pas contribuer :

∂πi / ∂gi = −1 + α(1 + m)

Puisque α < 1 (sans contrepartie), chaque dollar contribué rapporte moins d'un dollar au contributeur. Il est donc individuellement rationnel de garder son argent : c'est l'équilibre de Nash à gi = 0 pour tous.

Pourtant, l'intérêt collectif commande la contribution maximale. La condition de Samuelson stipule que la fourniture du bien public est socialement optimale si :

N · α · (1 + m) ≥ 1

Quand cette condition est vérifiée, chaque dollar contribué génère plus d'un dollar de bénéfices au total (répartis entre tous les pays). L'optimum social est alors gi = E pour tous.

Exemple : Avec N = 10 pays et α = 0.4, chaque dollar contribué génère 10 × 0.4 = 4$ de bénéfices au total, dont seulement 0.40$ reviennent au contributeur. L'écart entre intérêt individuel (ne pas contribuer) et intérêt collectif (contribuer le maximum) est au cœur du problème.

Le rôle du fonds de contrepartie

Un fonds de contrepartie (matching fund) multiplie chaque contribution par (1 + m). Si m = 1, chaque dollar contribué est doublé. Cela peut modifier fondamentalement l'incitation individuelle : si α(1 + m) ≥ 1, alors contribuer devient individuellement rationnel et le problème de passager clandestin disparaît.

Exemple : Avec α = 0.4 et m = 2, le rendement individuel est 0.4 × 3 = 1.2 > 1. Chaque pays a maintenant intérêt à contribuer le maximum ! C'est le principe derrière des mécanismes comme le Fonds vert pour le climat.

Implications politiques

Ce modèle illustre pourquoi les accords internationaux sur l'environnement (Protocole de Montréal, Accord de Paris) nécessitent des mécanismes incitatifs au-delà du volontariat. Les solutions possibles incluent : les fonds de contrepartie, les engagements conditionnels (« je contribue si les autres contribuent aussi »), les sanctions pour non-contribution, et les transferts financiers Nord-Sud pour compenser les coûts de préservation.